Jeunes pousses au sein de l'hôpital Cochin
FRANCOIS LAMARRE
Publié le : 19 février 2008
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A Paris, de jeunes entreprises de biotechnologies prennent racine dans l'enceinte de l'hôpital public, au coeur d'une pépinière conçue à leur attention. Cette construction reloge, notamment, les activités de recherche pilotées par Biotech Paris Santé.
Pour créer les synergies souhaitées entre l'hôpital public et le monde de la recherche, une pépinière de biotechnologies a vu le jour dans l'enceinte de l'hôpital Cochin : une première parisienne, sinon française. Inaugurée en octobre, cette construction spécifique a quasiment fait le plein aujourd'hui en relogeant notamment les activités de recherche pilotées par Paris Biotech Santé, sous la direction du professeur Olivier Amédée-Manesme, et précédemment disséminées dans l'enceinte de ce grand hôpital du 14e arrondissement de Paris. L'initiative répond également à la volonté municipale de préserver l'emploi et de maintenir des activités de pointe dans la capitale. La ville, ou plus exactement le département dans le cas présent, s'est appuyée sur la Sagi, sa filiale immobilière, experte en promotion et gestion d'hôtels d'activités, pour mettre en oeuvre ce projet innovant à plus d'un titre.
Le concours d'architecture ayant été lancé dans un certain flou foncier, le projet lauréat de l'agence parisienne Dubus-Richez a dû être recalé sur son assiette définitive après la découpe de la parcelle transférée au département, lequel l'a ensuite concédée par délégation de service public à la Sagi pour une durée de trente ans. En contrepartie, l'hôpital garde la haute main sur l'attribution des laboratoires construits à cet emplacement à travers Paris Biotech Santé. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) étant extrêmement jalouse de ses emprises, la transaction a mis plus d'un an à se faire, le projet héritant au final d'une parcelle circonscrite par la voirie du site hospitalier, en second rang sur la rue de la Santé. Actuellement visible en front de rue, le bâtiment est appelé à être occulté par une future construction en premier rang pour n'apparaître que sous ses angles dans la perspective des voies intérieures.
Illustre vis-à-vis
Le bâtiment revêt l'aspect d'un bloc découpé sur ses quatre faces et calé aux alignements entre le vieux pavillon Sicard de brique et de tuile, l'ample pavillon Hardy de béton de gravillons lavés et la Maison des adolescents, aussi appelée la « Maison de Solenn », construite sur le boulevard de Port-Royal avec les fameuses pièces jaunes de la présidente Bernadette Chirac (Ibos et Vitart, architectes). Cet illustre vis-à-vis réalisé au début des années 2000 fut d'ailleurs la première opération à venir écorner le site hospitalier.
Ne disposant d'aucun appui présidentiel, la pépinière rentre dans le rang et fait montre de politesse à l'égard de ses voisins.
« Le gabarit construit est la résultante des droits de vue et de plusieurs traités de cours communes »,
explique Bertrand Dubus, l'architecte de ce programme, qui comporte une quinzaine de laboratoires couplés à des bureaux sur six niveaux. Les surfaces privatives représentent environ la moitié des 5.100 mètres carrés de surface brute construite, dont deux niveaux de sous-sol, le premier pour des équipements collectifs (salle de réunion, locaux de cryogénie, de confinement des déchets radioactifs...), le second pour le parking. Les quinze lots offrent une surface comprise entre 90 et 250 mètres carrés, et tous les équipements et conditions de confort indispensables à l'activité de laboratoire de type P2. Pour ce faire, le bureau d'études spécialisé Climaplus a été associé à la conception dès l'origine du projet. Les baux y sont au maximum de trois ans, éventuellement renouvelables une fois.
« Chaque lot est doté d'une capacité d'adaptation pour répondre à la mobilité de l'occupation
, précise Bertrand Dubus,
et la réunion des lots est toujours possible, à défaut de leur subdivision. »
Pour le développement ultérieur des jeunes pousses hébergées, la Sagi dispose d'autres implantations, notamment dans l'hôtel d'activités de la rue Watt, transformé en un Biopark « smart » et verdoyant de 34.000 mètres carrés (Valode & Pistre, architectes) dans le nouveau secteur universitaire des Grands Moulins, en bord de Seine, au fond du 13e arrondissement.
Qualité environnementale
Conformément à la prescription municipale, la construction respecte nombre de critères de qualité environnementale, la relation au voisinage primant en milieu urbain, ainsi que le confort, la sécurité et la gestion courante. Le bâtiment dissimule sa technicité sous une livrée uniforme aux percements verticaux réguliers, avec une coiffe métallique en terrasse pour dissimuler les volumineux équipements de ventilation.
« Les châssis vitrés s'étirent en hauteur à chaque niveau, selon trois modules de largeur différente, leur double vitrage incorporant un store vénitien dont le motif est repris en sérigraphie sur l'allège, et rien ne distingue les labos des bureaux »
, commente l'architecte. Les bandeaux et les trumeaux de largeur variable sont habillés de panneaux de résine Trespa, dont la couleur cuivrée se veut un clin d'oeil aux pièces jaunes du voisin. Ce vis-à-vis a inspiré à l'architecte d'autres marques de politesse sous la forme d'étroites bandes de vitrage vert disposées à l'aplomb des baies,
« comme autant d'éclats de couleur reprenant et propageant sur le bâtiment la tonalité du vitrage de la Maison des adolescents »
. A l'intérieur, les volumes du hall et des palliers tendus de feuilles d'Inox et de métacrylate rétro-éclairé sous un ciel piqueté de joncs rouges introduisent à la blancheur intégrale des laboratoires, en passant par des sas tapissés de panneaux stratifiés jaune anis au sol assorti. L'ensemble est du meilleur effet, couleurs et textures créant une progression tonique avant l'environnement clinique des laboratoires.
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