Hervé Gisserot
MARIANNE BLIMAN
Publié le : 30 juin 2008
|
Un homme d'action à la tête de GlaxoSmithKline France
L'action comme principe de vie. Depuis vingt ans qu'il travaille dans l'industrie pharmaceutique, Hervé Gisserot ne déroge pas à cette règle. Après deux
« cycles »
d'une décennie chacun passés chez Fournier et Rhône-Poulenc-Rohrer - devenu Sanofi-Aventis depuis -, il vient d'être nommé à quarante-trois ans PDG de GlaxoSmithKline France. Il succède à ce poste à Christophe Weber, un autre Français parti diriger la zone Asie-Pacifique du laboratoire britannique, numéro deux mondial.
Fervent pratiquant d'Ironman
Fils de
« grands serviteurs de l'Etat »
- procureur général honoraire près la Cour des comptes, sa mère a notamment été déléguée à la Condition féminine entre 1986 et 1988 -, ce natif de Neuilly-sur-Seine rêvait de devenir journaliste sportif à la télé ou... préfet. Déjà cette attirance pour
« le terrain et l'action »
. Mais pour ce fervent pratiquant d'Ironman - un triathlon de l'extrême qui fait enchaîner 3,8 km de natation, 140 km de vélo et un marathon -,
« le monde de l'entreprise s'est présenté plus rapidement que la fonction publique »,
se souvient-il presque étonné. Après Sciences po, section service public, il effectue son VSNE chez Urgo en Allemagne, où il fait coup double : il entre dans l'industrie pharmaceutique et découvre la vie à l'étranger.
« J'ai une attirance pour l'autre, particulièrement quand il pense différemment »,
analyse celui qui a réalisé l'essentiel de sa carrière hors de France. De ses années passées aux Etats-Unis, il fait siennes
« la volonté de regarder en avant »
qu'ont les Américains et leur application constante à mettre en oeuvre le principe du « learning by doing ». De celles vécues outre-Rhin - il était depuis 2005 directeur général en charge des opérations commerciales de la filiale allemande de Sanofi-Aventis -, il retient la
« grande maturité »
des Allemands et leur capacité à
« mieux gérer le changement en continu »
qu'en France. Là-bas, insiste-t-il,
« on arrive à affronter les problèmes et à les résoudre par le dialogue social »
.
Alors que le monde pharmaceutique, confronté tout à la fois à la concurrence des fabricants de génériques et à des politiques de santé de plus en plus restrictives dans les pays développés, vit aujourd'hui une mutation considérable, Hervé Gisserot pense qu'il faut
« accepter le changement comme une logique positive »
. A la tête d'une entreprise comptant quelque 6.000 salariés, dont 400 en recherche et développement, et présente sur toute la chaîne du médicament avec quatre sites de production, il compte sur la diversité de ses équipes pour faire face. La clef du succès d'un bon manager ?
« Sa capacité à mobiliser ses troupes »,
affirme-t-il.
« Face au changement, le pire, c'est l'incertitude »,
estime Hervé Gisserot. Pour éviter cet écueil et contrer
« une forme de morosité qui peut s'installer lors des mutations d'une entreprise »,
il est persuadé qu'il faut
« être authentique, regarder les choses en face, rechercher le contact »
avec les salariés. Le meilleur moyen de les convaincre ? L'action, évidemment !
Tous droits réservés - Copyright © 2008 Les Echos