Cellectis, l'intuition de chercheurs - entrepeneurs
Les Echos
Publié le : 23 novembre 2007
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Le prix Nobel de médecine a été décerné cette année à Mario Capecchi, Martin Evans et Oliver Smithies pour leurs travaux sur les cellules souches embryonnaires de souris grâce à la recombinaison homologue, un processus biologique qui se traduit par l'échange de fragments d'ADN délimités par des séquences identiques
Ce qu'on sait moins, c'est que l'Institut Pasteur détient les brevets couvrant cette technologie et qu'il en a cédé la licence exclusive à sa « spin off », la société Cellectis.
Tout le talent des fondateurs de Cellectis, André Choulika, David Sourdive et Arnaud Perrin, est d'avoir pressenti le potentiel de ce mécanisme biologique en matière de « chirurgie ». Dans la nature, en effet, la cassure de l'ADN et sa réparation par recombinaison homologue interviennent avec une fréquence trop faible pour qu'on puisse l'utiliser à des fins thérapeutiques ou pour obtenir des animaux, des micro-organismes ou des plantes génétiquement modifiés. D'où l'idée de mettre au point des enzymes agissant comme des ciseaux moléculaires, qui accroissent la fréquence de la cassure de l'ADN à un endroit choisi et son processus de réparation par recombinaison homologue.
Cellectis met donc au point et commercialise ses enzymes auprès de clients comme les sociétés développant des animaux transgéniques, les grands groupes semenciers ou les entreprises qui font de la bioproduction (en utilisant des microorganismes). En santé humaine, les programmes sont moins avancés. Ils visent pour l'instant à accroître la précision et donc l'efficacité d'approches de thérapie génique. Cellectis collabore notamment avec le professeur Alain Fischer pour améliorer le traitement des « bébés bulle ».
La société qui s'est financée depuis sa création en 2000 en levant 17 millions d'euros auprès du capital-risque et une vingtaine de millions en entrant sur Alternext début 2007, a généré en 2006 1,2 million d'euros de revenus mais n'est pas encore bénéficiaire. Une situation banale pour les sociétés de biotechnologie à longue maturation.
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