Entretien Métier avec Valérie Legrand
Propos recueillis par Jean Chaveroux
Publié le : 07 juillet 2008
|
Responsable opérationnel grand compte - QUINTILES
"je supervise actuellement plusieurs programmes de développement clinique, dans le système nerveux central, mais aussi en cardiologie et en immunothérapie. "
Depuis combien de temps travaillez-vous pour Quintiles ?
J’ai rejoint Quintiles en février 1994 après une première expérience d’Attaché de Recherche Clinique dans un laboratoire français. J’avais été engagée pour faire du monitoring et Quintiles n’avait alors rien à voir avec la société que nous connaissons aujourd’hui.
En quoi était-ce différent ?
Nous n’étions alors que onze collaborateurs, alors que Quintiles emploie aujourd’hui en France plus de 560 personnes ! Dès mon arrivée, je me suis trouvée impliquée sur des projets avec une responsabilité de coordination d’essais cliniques. Très vite, on m’a confié en plus le management d’une équipe de six Attachés de Recherche Clinique. A cette époque, il n’y avait pas de filiale dans tous les pays européens comme c’est le cas aujourd’hui. Cela m’a permis de monitorer des centres en Italie, en Suisse. C’était passionnant. Si la dimension était différente, il y avait en revanche le même enthousiasme, le même goût de l’innovation qu’aujourd’hui.
Quelle est votre formation ?
Je suis docteur en pharmacie. Passionnée par le développement du médicament, j’ai ensuite validé le CESAM puis un Diplôme Inter Universitaire de développement clinique. Avec ce bagage, la voie tracée semblait être l’industrie pharmaceutique. Il régnait encore à l’époque une certaine méfiance à l’égard des sociétés de service. La CRO était un sous-traitant et non pas encore un véritable partenaire. Très sincèrement, je ne pensais pas faire carrière chez Quintiles.
Et quatorze ans après vous y êtes toujours.
Oui, parce que j’ai toujours trouvé chez Quintiles des possibilités d’évoluer. J’ai toujours eu l’opportunité de découvrir de nouvelles expériences. Après la coordination opérationnelle, j‘ai découvert la gestion financière qui est évidemment primordiale dans une CRO. La société grandissait et se dotait de nouveaux outils qu’il fallait mettre en place. En 1996, on m’a confié la coordination d’une étude européenne impliquant la Russie où Quintiles ouvrait précisément un bureau. Il fallait recruter, former de nouveaux collaborateurs à nos procédures, et puis il fallait arriver à faire travailler ensemble tous ces gens issus de cultures différentes. Les projets gagnés par Quintiles ont ensuite été de plus en plus souvent des projets full service englobant tous les métiers de la recherche clinique. C’est ainsi que je me suis familiarisée avec le laboratoire centralisé, le data management, les statistiques. L’externalisation d’études globales est finalement relativement récente.
Le fait d’avoir occupé un poste d’ARC avant d’être Chef de Projet vous semble-t-il important ?
Cette expérience me semble capitale. Cela permet de ne pas passer à côté de choses essentielles. Comment bien appréhender les problèmes d’un investigateur si l’on n'a pas fait soi-même du monitoring ? Seule cette expérience terrain permet de comprendre les contraintes de la mise en œuvre d’un protocole.
Quand avez-vous vraiment rejoint le Project management ?
C’était en 1996. En Europe, Quintiles s’est alors structuré en unités thérapeutiques spécifiques. J’ai pris en charge une grosse étude concernant la dépression qui englobait l’Europe et l’Afrique du Sud et c’est ce qui m’a amenée à me spécialiser dans le système nerveux central. Sur le plan géographique, les études sont devenues aussi réellement internationales, avec pour ma part une première expérience Europe plus Etats-Unis en 1999.
Comment peut-on évoluer dans une CRO au sein d’une Unité Thérapeutique ?
En 1999 j’ai été nommée Directeur de Projet. Cela impliquait une part de management croissante pour former et encadrer des Chefs de Projet juniors, mais également les soutenir dans leurs projets. Cela impliquait un niveau d’engagement supplémentaire avec nos sponsors privilégiés, avec en parallèle une collaboration croissante avec le Business Development. C’est ainsi que j’ai managé pendant quatre ans une équipe de huit Chefs de projet impliqués sur des projets que nous menions pour un même client privilégié. Il s’agissait véritablement de ce que l’on nomme une gestion de portfolio.
N’est –ce pas un peu frustrant de délaisser le projet lui-même ?
Non parce que chez Quintiles, un directeur reste toujours impliqué dans la gestion de projet. Il prend en charge généralement des projets plus complexes qui nécessitent une plus grande expérience. Des responsabilités viennent s’ajouter mais on garde toujours le contact avec notre cœur de métier. Cela implique simplement une bonne faculté d’adaptation pour pouvoir passer d’une question de management humain à un problème d’organisation plus logistique.
Cela va donc faire dix ans que vous vous êtes spécialisée dans le système nerveux central.
Je n’ai pas vu le temps passer. Il faut dire que le système nerveux central est un domaine particulièrement vaste. Il faut du temps pour bien maîtriser les particularités du développement clinique en psychiatrie ou en neurologie. J’ai travaillé sur des projets très variés dans la dépression, la schizophrénie, l’anxiété, mais aussi dans la maladie de parkinson, le traumatisme crânien ou l’Alzheimer.
Quel a été le dernier changement dans l’évolution de votre carrière?
C’est la création d’un nouveau poste qui m’a fait changer il y a environ six mois. Depuis l’an passé, je suis ce qu’on appelle un responsable opérationnel grand compte : je n’ai plus de rôle de management aujourd’hui mais j’occupe un rôle transverse. Je suis amenée à superviser pour un seul client toutes les études qu’il nous confie, quel que soit le domaine thérapeutique concerné. C’est ainsi que je supervise actuellement plusieurs programmes de développement clinique, dans le système nerveux central toujours, mais aussi en cardiologie et en immunothérapie. L’intérêt de ce poste est qu’il permet une véritable dimension stratégique et une relation vraiment privilégiée avec le client. Nous sommes aux antipodes de la sous-traitance que nous évoquions au début. Je me sens complètement partenaire du laboratoire pour lequel je mène cette activité.
Cela représente combien d’études ? Combien de Chefs de Projet ?
Une vingtaine d’études de phases II et III en phase active, études menées par 18 Chefs de projet et impliquant actuellement 25 pays.
C’est une charge de travail énorme.
Oui sans doute, mais je n’ai pas pour autant le sentiment de tout sacrifier à mon travail. Il existe chez Quintiles une possibilité de travailler partiellement à domicile quand la fonction le permet. C’est vraiment mon cas. J’interagis avec de très nombreuses personnes réparties dans le monde entier. C’est une activité qui n’impose pas réellement ma présence au bureau chaque jour de la semaine. J’apprécie, entre les voyages nécessités par ce poste, de pouvoir travailler depuis mon domicile.
Un chef de projet dans une CRO n’est pas impliqué dans la rédaction du protocole ?
Ce n’est pas systématique. Certains clients sollicitent notre expérience et notre savoir-faire pour obtenir une revue critique du protocole afin d’en faciliter l’exécution ultérieure. Cela nous amène à travailler en étroite collaboration avec notre équipe interne de medical advisors, Nous facilitons ainsi la faisabilité de bien des études. Il est vrai que chez Quintiles peu de Chefs de Projet sont médecins.
Que comptez-vous faire ensuite ?
C’est une question un peu prématurée. Mon poste actuel est récent et je suis toujours en phase de découverte. Quintiles est une structure qui innove et qui offre en permanence des opportunités de carrière. J’ai eu la possibilité de me développer dans une société elle-même en continuel développement. Ce qui est important à mon sens, c’est qu’en progressant en interne, j’ai toujours eu en même temps la possibilité de mener à leur terme les projets qui m’étaient confiés.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune candidat souhaitant accéder au Project management ?
Je lui expliquerais qu’il lui faudra être adaptable car il se trouvera en permanence confronté à un environnement changeant, à des problématiques différentes. Je lui conseillerais également de rester proche des réalités du terrain, de ne jamais se couper de l’opérationnel. Nos clients sont également soumis à des contraintes de rapidité d’exécution, et un chef de projet doit bien gérer la pression. C’est une chose qu’il faut bien intégrer si l’on veut faire du management de projet dans une CRO. Mais je lui dirais avant tout que c’est un métier passionnant.
Consultez les offres d'emploi de :
QUINTILES
Tous droits réservés - Copyright © 2008 PHARMAnetwork
|
|