Aux Pays-Bas, le coût de la réunionite se chiffre en milliards d'euros
Les Echos
Publié le : 27 novembre 2007
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Entre le temps passé à organiser les réunions et celui consacré à y assister, les salariés ont souvent quantité d'heures perdues au compteur. Un phénomène qui coûte cher à l'employeur.
Mal nécessaire ou gaspillage intégral, toujours est-il que la réunionite coûte cher aux entreprises. Aux Pays-Bas, la facture payée par les patrons pour ces palabres professionnelles atteindrait au bas mot 60 milliards d'euros par an. Un chiffre qui ne concerne que les coûts salariaux dépensés par le patron quand ses employés sont autour d'une table.
Ce montant se compose de 30 milliards d'euros pour les coûts salariaux durant la réunion elle-même, 16 milliards pour sa préparation et 14 milliards en émoluments payés pour les déplacements des employés s'y rendant. A noter que, pour les réunions organisées hors de l'entreprise, le temps de présence effectif du salarié s'avère inférieur à celui passé pour les préparer et celui dépensé dans les transports. Des chiffres sont issus de l'étude de l'institut Synovate/interview-NSS réalisée pour le compte de l'exploitant des chemins de fer néerlandais NS auprès de 850 salariés.
En moyenne, le salarié néerlandais se trouverait en réunion 3,5 heures par semaine, soit 18 jours par an. Si l'on ajoute le temps consacré aux symposiums et aux congrès professionnels, l'employé batave ne serait pas à son poste de travail environ 27 jours par an. Des données qui s'allongent proportionnellement à la taille des entreprises : plus elle augmente, plus les symptômes de réunionite sont aigus. De l'argent en partie jeté par les fenêtres, selon les salariés.
Un bon quart d'entre eux (28 %) estiment en effet que les réunions sont trop fréquentes dans leur service. Et près de la moitié (44 %) considèrent qu'une grosse part de ces rassemblements - la moitié, voire plus - est inutile, notamment du fait qu'aucune décision claire n'y est jamais prise et que ces discussions restent généralement sans suite.
L'esprit qui divague
Néanmoins, l'échange de points de vue, l'amélioration des relations entre collègues et la recherche d'un consensus sur des questions sensibles leur apparaissent plus utiles que la prise d'une décision elle-même. Pour 95 % des employés, le passage à la trappe d'un point à l'ordre du jour d'une réunion ne leur fait ni chaud ni froid.
Outre le coût de la réunion pour l'employeur, son efficacité reste aussi à prouver. Une grosse majorité des salariés (95 %) avouent avoir l'esprit qui divague durant ces séances autour d'une table. Les femmes sont portées à penser à leurs tâches ménagères qu'elles ont laissées en plan chez elles et les hommes à leur vie sexuelle et leurs problèmes d'argent.
Quant à l'esprit d'équipe entre collègues, il est fortement mis à l'épreuve pendant les réunions. Ceux qui discutent entre eux, passent leurs coups de téléphone ou envoient leurs SMS ont le don d'horripiler leurs voisins de bureau plus disciplinés.
DIDIER BURG
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