Courriels : le vendredi, c'est relâche !
Les Echos
Publié le : 11 Décembre 2007
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Pour lutter contre le flot incessant des courriels, certaines entreprises ont tenté la cure de désintoxication pour les cadres : pas de courriers électroniques le vendredi.
Empêcher d'inutiles pertes de temps : tel est le souci des entreprises qui organisent des journées sans e-mails.
« Le temps passé à gérer ses mails est devenu totalement contre-productif »
, explique Nathan Zeldes, un ingénieur d'Intel qui vient de lancer un projet pilote avec 150 autres salariés du groupe pour tenter d'endiguer la « mailmania » ambiante. Bien sûr, reconnaît l'ingénieur,
« nous ne pouvons pas supprimer le courrier électronique. Nous passons notre vie à travailler avec d'autres collègues installés dans 2 ou 3 villes différentes, voire d'autres pays
.
Mais ce que nous voulons éliminer, c'est l'échange de courriels entre deux salariés qui sont dans le même bâtiment, voire le même couloir, ainsi que les courriels qui remplacent la discussion directe entre deux interlocuteurs au téléphone ».
Nathan Zeldes cite un sondage réalisé auprès de 2.299 salariés d'Intel en 2006. Ces derniers reçoivent en moyenne 350 messages par semaine. Ils utilisent 20 heures de leur temps de travail hebdomadaire pour y répondre, les classer... Et se plaignent de perdre au moins 2 heures par jour pour la seule gestion des courriels inutiles. Conclusion :
« Le salarié pense moins, invente moins et produit moins. »
Débrancher
Nathan Zeldes a donc décidé d'organiser la contre-offensive avec deux programmes. Le mardi matin, durant quatre heures, les salariés sont invités à s'isoler pour travailler sur leurs projets. Plus de téléphone, de courriels ou de SMS... Bref, ils débranchent. Et le vendredi, pas de courriels du tout. L'initiative lancée depuis quelques semaines est trop récente pour qu'on puisse en mesurer les effets. Mais si l'on en croit l'expérience du cabinet de conseil Deloitte, les salariés d'Intel vont apprécier. Leslie Knowlton, responsable des ressources humaines d'une branche de 650 employés au Texas, a commencé par essayer de ne plus envoyer de courriels à ses collègues pendant le week-end. Car semaine ou week-end, les consultants sont censés être toujours disponibles pour les messages urgents. Mais les 650 consultants de Deloitte ont décidé, sur la base du volontariat, de mettre un frein à leur frénésie de courriels.
« Au début
, reconnaît Leslie Knowlton,
j'étais plutôt sceptique. Je pensais que pas mal de collègues allaient continuer à taper leurs messages le dimanche matin pour rattraper le temps perdu. »
Mais peu à peu, la culture Deloitte a changé. Le flot des courriels s'est ainsi réduit de 25 à 50 % dans sa branche. Et de plus en plus de consultants de Deloitte regardent avec intérêt l'expérience de leurs amis texans.
Mieux communiquer
La règle du « no e-mail » le week-end ou le vendredi n'est pas encore très répandue. Mais les rares pionniers qui l'ont essayée, tel le groupe de télécommunications US Cellular ou encore l'exécuteur de commandes PBD Worldwide, installé à Atlanta, s'en félicitent. PBD a vu son trafic de courriels se réduire de 80 %. Et la communication chez US Cellular s'est nettement améliorée, comme en témoigne l'anecdote de John Coyle, salarié du groupe. Bien obligé de décrocher son téléphone un vendredi, il s'est rendu compte qu'un employé qu'il croyait à l'autre bout du pays travaillait en fait dans le même immeuble, au même étage. Le monde, sans e-mails, est petit.
CAROLINE TALBOT
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