Les nouveaux outils d'apprentissage des langues
MURIEL JASOR
Publié le : 8 Février 2008
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La mondialisation oblige à comprendre les autres, y compris ceux qui s'expriment dans une langue qui n'est pas la leur. L'audition d'un être humain s'étale sur un spectre sonore qui va des graves aux aigus et s'échelonne sur 11 octaves.
Les 5 langues vivantes les plus enseignées dans les collèges et lycées français
1. L'anglais 2. L'espagnol 3. L'allemand 4. L'italien 5. Le chinois
Un vocabulaire moderne, des supports pratiques, un rythme d'apprentissage ad hoc, de la souplesse, de l'accessibilité et une mesure fiable des progrès. C'est en somme ce que réclament ceux qui désirent rapidement progresser dans une langue étrangère. Leur motivation première est de toujours mieux comprendre des interlocuteurs aux multiples origines. Car il n'est pas seulement nécessaire de comprendre les natifs d'un même pays, il faut aussi pouvoir communiquer avec des Chinois qui s'expriment en anglais, des Néerlandais en espagnol, des Italiens en allemand, des Australiens en mandarin, etc. De quoi permettre au Salon Expolangues 2008, qui a ouvert ses portes mercredi pour quatre jours, de déployer toute une panoplie de nouveaux outils d'apprentissage.
« Le problème que rencontrent les Français est qu'ils ne captent pas les fréquences dominantes de la plupart des autres langues »,
souligne Denise O'Neill, chef de projet au Centre d'étude des langues de Grenoble.
Logiciels spécifiques
Du coup, nombre d'entreprises s'orientent vers l'utilisation de logiciels spécifiques destinés à rééduquer l'oreille et à faire travailler la mémoire auditive.
« Si l'on modifie l'audition, on modifie inconsciemment et naturellement la prononciation »,
assure Jacky Munger, chef de produit chez Speedlingua, un organisme adepte des théories en audio-psycho-phonologie du professeur Alfred Tomatis. Une affirmation que confirme Michèle Tomis, responsable des formations linguistiques au sein du département Training & Talent Development chez UCB Pharma :
« Les cours en groupes traditionnels ne consacrent que peu de temps à la compréhension et à l'audition, car ils doivent tenir compte des objectifs d'apprentissage de chacun (vocabulaire, grammaire, «writing skills», conversation...). Or, depuis que nous offrons à nos collaborateurs la possibilité d'utiliser le programme permettant d'améliorer les compétences phonologiques, nous avons pu constater de réels progrès en termes de compréhension orale et de prononciation. »
L'écoute de sons inhabituels préalablement à un cours traditionnel de langue aiderait les apprenants à mieux capter les intonations et à améliorer leur mémoire auditive.
« C'est vrai, après une phase d'écoute musicale, la compréhension est plus facile et, à chaque prise de parole, les stagiaires gagnent en assurance »,
confirme Denise O'Neill.
« Les immerger dans un univers de sons et de rythmes tels qu'ils sont entendus et prononcés par des locuteurs natifs permet d'améliorer l'accent et la prononciation en relativement peu de séances. »
Rééducation de l'oreille
Et c'est salutaire, car combien de Français finissent, exténués par une heure de conversation en anglais, par porter la main à leur mâchoire ? Ils se sont exprimés en faisant 50.000 grimaces pour prononcer les mots correctement mais n'ont en définitive pas été compris par leurs interlocuteurs. Un travail sérieux et régulier de rééducation de l'oreille permettrait aux Français de ne plus aspirer les « h » de façon inopportune en anglais, aux Espagnols d'apprendre à prononcer les « u », aux Chinois les « gue » et les « que ». Mais, il n'y a pas de miracle, ces progrès sur le terrain de l'intonation et de la compréhension nécessitent beaucoup d'entraînement et de travail.
« Les outils modernes facilitent grandement les choses. Ils s'adaptent à la disponibilité, au rythme et à la culture de chacun,
se félicite Michèle Tomis.
Mais ils ne doivent pas être utilisés seuls. »
En effet, par leur maniabilité et leur flexibilité, les techniques d'« e-learning » s'associent harmonieusement aux enseignements traditionnels. Des organismes comme Go Fluent, Telelangue, Call international, Gapfillers, etc. l'ont bien compris. Mais, pour l'heure, aucun logiciel n'a encore réussi à remplacer la qualité d'un contact en face-à-face ou bien téléphonique avec un professeur de langues étrangères.
Montée en puissance des tests d'évaluation
Référentiel unique.
L'intensification de la mondialisation pousse les entreprises à constamment rechercher à optimiser leurs processus de formation, à rationaliser le nombre de prestataires et à mieux comparer les salariés entre eux. Résultat : différents tests et niveaux de compétences (TOEFL, TOEIC, « Test of Oral Proficiency » du groupe ETS Europe, etc.) convergent vers un même référentiel : le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), dont l'objectif est de promouvoir la mobilité internationale et professionnelle.
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