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Une culture d'entreprise certifiée Veritas
MURIEL JASOR
Publié le : 29 février 2008
Le spécialiste de la certification, entré en Bourse fin octobre 2007, travaille d'arrache-pied à des valeurs et un langage communs pour ses salariés.

Bureau Veritas (BV, groupe Wendel à 60,8 %) est leader mondial de la certification, le contrôle des avions, des bâtiments, des ascenseurs, des jouets, des produits chimiques contenus dans du textile, la traçabilité d'une chaîne alimentaire... Ici, un salarié de BV prélève de l'eau sur une tour aéroréfrigérante.

Pas facile d'établir des référentiels communs dans un groupe dont les salariés passent l'essentiel de leur temps en clientèle. Surtout quand ledit groupe n'a de cesse d'étendre son champ d'activité. Car Bureau Veritas (BV, groupe Wendel à 60,8 %), leader mondial de la certification, le contrôle des avions, des bâtiments, des ascenseurs, des jouets, mais aussi des produits chimiques contenus dans du textile, la traçabilité d'une chaîne alimentaire jusqu'à l'inspection de la coque du « Clemenceau » !

Et il ne vérifie plus seulement la solidité des objets qu'il contrôle mais aussi leur sécurité, leur respect de l'environnement, leur traçabilité... Pour des clients issus du secteur public comme du privé. Autant dire qu'il n'est pas toujours aisé pour les 6.000 salariés de BV qui travaillent en France (sur 30.000 à l'échelle mondiale) de s'approprier une culture commune dans un tel patchwork d'activités au sein d'un groupe qui grossit de 15 à 20 % par année et double de taille tous les cinq ans.

Exigence et qualité
« En interne, certains salariés se dénommaient inspecteurs, d'autres experts ou bien utilisaient des dénominations liées à la notion de surveillance, alors que tous exerçaient le même métier : l'évaluation de la conformité », explique Patrick Aubry, directeur zone France de Bureau Veritas. Surtout, malgré l'hétérogénéité des expertises, tous se regroupaient autour d'une même exigence et qualité technique. Du coup, pour mieux piloter les équipes et établir un langage commun, BV a choisi d'« aligner » l'organisation autour de 12 leviers de management. « L'idée est de fédérer les salariés autour d'un modèle opérationnel unique », explique Jacques Lubetzki, senior vice-president France. Un modèle dont l'adoption se veut volontariste. « Le groupe entend forcer les choses. Chacun doit appliquer ce modèle ; il n'est pas question d'avoir un comportement zappeur », poursuit Patrick Aubry, qui voit là l'occasion de capitaliser sur les valeurs véhiculées par ces métiers dits de confiance pour les transformer « en levier de performance global pour l'entreprise ».

Pour partager autant d'ambition, BV a souhaité charger son activité de sens et, pour ce faire, le groupe s'est aussi doté d'une carte des valeurs, fondamentales (intégrité, éthique, respect de tous les individus...) ou bien professionnelles (orientation client, esprit d'entreprise, leadership, transparence...).

Communauté de partage
L'objectif est de faire évoluer les états d'esprit en interne et d'accentuer le rôle crucial joué par le groupe autour de la chaîne de confiance. C'est pourquoi, dans ses travaux d'évaluation, BV ne se contente pas seulement de déterminer la valeur des actifs, le groupe prend aussi en compte quantité d'autres aspects dans le cadre d'une démarche globale d'éthique depuis les risques de réputation, au principe de précaution, au concept de développement durable jusqu'au risque pénal du dirigeant.

Toutefois, les salariés de BV ne sont habilités qu'à délivrer des certificats de conformité. Mais s'ils n'ont pas l'autorité de faire appliquer leurs recommandations, ils apprennent à user de leur pédagogie et de leur force de conviction - en direct ou via un extranet clients - pour améliorer les choses. « Tout l'enjeu est d'amener l'entreprise cliente à dire je peux progresser plutôt que je suis conforme », estime Jacques Lubetzki. C'est pourquoi l'accent est mis sur la formation (6 % de la masse salariale). Quant à la transmission de savoir, elle passe par un système de tutorat et l'organisation de communautés de partage (des tribus) qui échangent entre elles leur meilleure pratique.

Enfin, histoire de boucler la boucle, BV se fait lui-même évaluer. Un atout de différenciation majeur sur un marché cyclique et à forte récurrence de plus en plus lorgné par de nouveaux entrants issus de grands groupes attirés par ce secteur juteux.





Tous droits réservés (2008) LES ECHOS
Source
Les Echos
Date de publication
29/02/08
Thème Management
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