L'entretien de recrutement
Olivier MARQUIS
Publié le : 03 novembre 2008
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Avec une équipe de 6 consultants et de 7 chargés de recherche, c’est plus de 3 000 candidats qu’Antenor verra passer cette année. Spécialisé dans le domaine des sciences de la vie, ce cabinet de conseil en Ressources Humaines (recrutement, coaching, bilan, outplacement) se développe depuis plus de14 ans.
Ca y est ! Vous avez décroché votre rendez-vous.
Quelle qu’en soit l’origine (réponse à une annonce, candidature spontanée, contact par approche directe, …), la rencontre est organisée et il va falloir préparer cet entretien de motivation. Ce terme plus général que « entretien de recrutement » a le mérite de positionner l’objectif à atteindre : mettre en évidence vos principaux facteurs de motivation.
Il va donc falloir préparer soigneusement cet entretien, se poser les bonnes questions pour être en mesure de convaincre, puis analyser sa propre prestation afin d’en tirer les conclusions qui s’imposent, et progresser lors des entretiens futurs.
La préparation
Elle pourrait s’intituler : connais-toi toi-même.
C’est un moment important pour faire un point sur soi et analyser les choses en fonction des éléments que vous avez compris du poste à pourvoir. Vous devez pouvoir mettre en avant vos compétences, vos aptitudes par rapport à la mission et vos motivations. Il faut que votre interlocuteur cerne bien votre personnalité : ne cherchez pas à trahir la vérité mais plutôt à vous présenter comme vous êtes.
Ne masquez pas une erreur, un « trou » dans votre CV, mais expliquez-le. Préparez-vous aux questions auxquelles vous n’échapperez pas sur votre parcours professionnel, sur votre personnalité, vos points forts et vos points faibles qu’il faudra mettre « en perspective » du poste.
Pour cela, il existe de nombreux ouvrages sur le sujet.
Essayez d’avoir le maximum d’informations sur le poste en relisant l’annonce, en questionnant le Chargé de recherche ou de recrutement si vous en avez la possibilité.
Cherchez des éléments sur l’entreprise, vous vous sentirez plus à l’aise, plus en confiance le jour j. Cela peut paraître surprenant mais plus des 2/3 des personnes n’ont pas eu l’occasion d’aller sur le site internet de l’entreprise qui recrute prétextant un manque de temps (un comble !). Cherchez des informations auprès de vos amis.
Préparez des questions sur le poste. Préparez vos réponses aux questions classiques : Qu’est ce qui a retenu votre attention dans l’annonce ? Que savez-vous de l’entreprise ? Depuis quand êtes-vous en recherche d’emploi ? Comment avez-vous trouvé votre stage ? Que recherchez-vous dans le travail ? Que pouvez-vous imaginer comme évolution à partir de ce poste ? Qu’appréciez-vous dans le travail d’équipe ? Qu’attendez-vous de votre hiérarchie ? Quel effet la pression a-t-elle sur vous ? Qu’est ce qui vous met en colère ? Y a-t-il une décision que vous regrettez dans votre dernier poste ? Quelle est la tache la plus difficile d’un manager ? Quel point cherchez-vous à améliorer dans votre management ? Pourquoi êtes-vous en recherche ? Avez-vous déjà songé à prendre une année sabbatique ? Avez-vous des passions dans la vie ? Que pensent de vous vos amis ? Que fait votre conjoint ? Quelles bonnes raisons aurions-nous de vous embaucher ? Quelles sont selon vous les difficultés de ce poste ? Avez-vous d’autres pistes ? Si vous avez plusieurs propositions, sur quel critères baserez-vous votre choix ? Que voudriez-vous que je retienne de cet entretien ?
Soyez en forme le jour j en évitant de vous doper avec des excitants (ou des calmants), en évitant d’enchaîner les entretiens, en prévoyant un timing suffisant pour ne pas arriver en retard ou stressé (n’arrivez pas non plus avec une heure d’avance à l’entretien).
L’entretien
Essayer d’être décontracté, souriant, le visage ouvert. Mettez-vous à l’aise. Ne croisez pas vos bras pendant l’entretien en signe de protection. Ne tripotez pas votre stylo en permanence. Regardez votre interlocuteur pendant qu’il parle. Ne dispersez pas votre attention par un élément dans la pièce. Faite le vide dans votre esprit pour vous concentrer au maximum sur ce que va dire votre interlocuteur.
Vous devez vous montrer spontané, prendre l’initiative durant l’échange pour ne pas donner l’impression de « subir » les questions, sans toutefois apparaître conquérant.
Il faut éviter les poignées de main molles et moites.
Postulat de base : le recruteur, quel qu’il soit, n’a qu’une envie : avoir en face de lui son « finaliste ». Il ne cherche pas, contrairement à une certaine légende (à quelques exceptions près) à « descendre » le candidat qu’il a en face de lui. Vous partez donc avec un capital confiance que vous devez faire fructifier.
Le temps qui vous sera consacré n’est pas très important et chaque élément compte et doit vous permettre de vous mettre en valeur, de vous distinguer des autres.
Les cinq premières minutes sont essentielles car elles donneront au recruteur une première impression qui devra être confortée par la suite.
Mettez-vous à l’aise, sortez votre bloc notes en prenant soin d’en avertir votre interlocuteur. Huit personnes sur dix ne prennent pas de notes et une sur deux qui a sorti un papier n’écrit que deux mots. Cela veut dire que 90% ne comptent que sur leur mémoire et/ou sous-entendent que ce qui se dit ne présente pas beaucoup d’intérêt.
N’hésitez pas à poser des questions (en vous assurant qu’elles sont pertinentes ou que votre interlocuteur n’y a pas déjà répondu), et notamment des questions que vous aurez soigneusement préparées.
Parmi celles-ci vous vous demandez s’il faut aborder la question de la rémunération.
Il n’y a pas de règle précise. Si le sujet s’y prête posez la question. Si vous ne posez qu’une ou deux questions : évitez d’aborder le sujet dès le premier entretien !
En tout cas, lorsqu’on vous pose la question de votre rémunération, répondez précisément sans mentir avec le détail du fixe et du variable. Surtout ne jamais dire que vous ne savez pas.
Pour les prétentions, donnez une estimation et montrez de la souplesse.
Très souvent, les entretiens se terminent par la proposition qui vous ai faite de rajouter quelque chose à l’exposé que vous venez de faire. Bien évidemment, ce n’est pas le moment de fléchir et de dire que vous n’avez rien à ajouter. Ce n’est pas non plus le moment de repartir dans de longs développements. Au contraire, prenez de la hauteur, revenez sur un point précis, ou éventuellement reformulez une question, en tous cas, montrez votre intérêt pour le poste abordé.
Parfois le recruteur vous demande ce que vous avez pensé de l’entretien. Suivant le ton utilisé, vous allez comprendre si lui a trouvé que l’entretien s’était plus ou moins bien passé. Si le ton est un peu agressif, c’est peut-être la traduction d’une insatisfaction de votre prestation. Dans ce cas n’hésitez pas à revenir sur un élément qui vous est apparu dans la discussion comme étant mal présenté par vous.
Restez concentré jusqu’au bout, en ne négligeant pas les questions qui pourraient vous être posées lorsqu’on vous raccompagne à l’ascenseur.
N’oubliez pas de demander quelle sera la prochaine étape. Qui en prend l’initiative et dans quel délai ? Prenez les coordonnées, l’adresse mail de votre interlocuteur.
Le bilan
A la fin d’un entretien, il est essentiel d’en tirer les conclusions :
1°) par rapport au poste et à l’entreprise : Qu’avez-vous appris ? Que vous manque t’il comme information ? Est-ce que le poste vous plaît réellement ? Avez-vous les compétences requises ?
2°) par rapport à vous : Comment jugez-vous (objectivement) votre prestation ? Quels sont les arguments qui ont été percutants ? Quelles ont été les questions qui vous ont gênées ?
N’oubliez pas de compléter vos notes par des informations complémentaires.
N’oubliez pas ensuite de relancer votre interlocuteur. Si la réponse est négative, de le mettre en confiance pour qu’il expose son sentiment sur votre prestation durant l’entretien, sur votre CV, sur des points d’amélioration, des conseils.
N’oubliez jamais qu’un entretien de recrutement est un exercice sportif : l’entraînement compte beaucoup. Toute opportunité qui se présente à vous doit être mise à profit.
Olivier MARQUIS
Directeur ANTENOR
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